Lettre ouverte au petit Morel de 12 ans

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Cher moi-même de 12 ans,

J’imagine que tu dois trouver complètement absurde de recevoir une lettre de toi-même du futur mais tu t’habitueras à ce germe d’incohérence au cours des 9 prochaines années. Au moment où je t’écris ces lignes, je galère encore à contrôler la croissance de ma barbe et je prépare accessoirement une licence en Biologie médicale. Bah ouais, il y a du chemin à faire mon grand !

Je te (re)vois flotter dans ton uniforme kaki un peu – beaucoup – trop grand (merci maman), enthousiaste à l’idée de faire ton entrée au collège. J’aurais adoré te donner ici quelques astuces pour éviter les pièges de tous les exercices de mathématiques que tu rencontreras pendant ton parcours scolaire mais malheureusement, je ne peux pas. Il serait question d’influer sur ton (notre) avenir et on ne peut pas se le permettre. Ça créerait un vrai bordel et il parait que le mec qui gère les paramètres spatio-temporels de notre univers ne serait pas trop d’accord. J’ai lu ça sur Wikipédia, un de tes futurs grands amis.

La vie qui t’attend est un vrai bonheur. Je ne te dis pas là qu’un tapis rouge te sera systématiquement déroulé mais qu’à force de trimer, tu réussiras à atteindre tes objectifs les plus fous. Ça ne sera pas toujours évident. Tu te sentiras parfois tout seul. Tu trouveras certaines épreuves insurmontables. Certaines personnes chercheront à te déstabiliser pour diverses raisons mais tu apprendras à te relever après chaque difficulté. C’est même ça qui te fera kiffer ta race.

Je sais que malgré ton insouciance, tu te mets chaque jour une pression folle pour contenter les attentes de papa et rendre fier ta grand-mère qui t’a si tant donné. Cependant, prends surtout du plaisir à faire tout ce que tu entreprends. N’aies pas peur de faire des erreurs ou des bêtises. C’est le moment ou jamais d’essayer plein de trucs. Bien évidemment, le sport n’est pas inclus dans ces expériences. Neuf ans après, tu es toujours resté un boulet. Il y a des choses qui ne changent pas.

Tu connaitras les moindres recoins de plusieurs hôpitaux mais n’hésite pas à faire de ta santé fragile, une vraie force. Comment ? Tu trouveras ! Maman se donnera beaucoup de mal pour que tu vives paisiblement sans grandes difficultés. Mets de côté tes arguments à deux sous et aide la du mieux que tu peux. C’est une vraie bénédiction cette dame.

Il t’arrivera d’être sur une autre longueur d’onde que tes camarades, de subir le regard des autres à cause de ce ”déphasage“. Ne te méprends pas, tu es peut être exceptionnel mais tu n’es pas unique. Au fil du temps, tu t’apercevras qu’il y a d’autres gens comme toi. Aussi, ne laisse personne décider de ton (notre) avenir. Il est super important de faire des choix judicieux et toi seul en est capable.

Je pourrai encore écrire des dizaines de lignes, te parler des merveilleuses personnes que tu rencontreras, mais je crois avoir faire le tour. Tu remercieras Cordélia pour m’avoir inspiré l’idée de cette lettre. Prends soin de toi, profite de la vie et SURTOUT éclate-toi !

Cordialement, Toi dans 9 ans.

PS : Si tu peux ne pas dire bêtement NON à la jolie demoiselle qui viendra te voir au lycée pour te déclarer sa flamme, ça m’arrangerait vraiment. Non pas que je sois totalement désespéré (enfin, un peu quand même) mais ça ne peut que nous aider. Merci d’avance !

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8 réflexions sur “Lettre ouverte au petit Morel de 12 ans

  1. J’ai toujours éprouvé une sorte d’empathie à l’endroit de personnes comme toi qui savent reconnaître l’effort que fait leurs ascendants pour leur modeste personne. J’ai aimé ta plume. Merci pour ce moment.

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